sábado, 19 de septiembre de 2015

Retour d’automne.v2.



 
La ville est dans la grisaille. Un adulte de sexe féminin a le cœur en pluie. Son mari est un déserteur. Il est parti sans la regarder dans les yeux. Sous les bombes, il a préféré s'enfuir comme un pleutre. Il court encore de peur d’être atteint par un projectile sentimental.
Elle déjeune en observant les miettes sur la table. Elle se rassure. Un coup d’éponge et tout sera net. Il faut tout organiser, pense-t-elle. Il faut injecter du raisonnable dans la tourmente.

Elle fixe l’image du placard et écoute une musique poisseuse en boucle.

Peu importe. L’enfer a toujours été derrière elle. Sa vie est montée à l'envers. Elle est bien vivante puisqu’elle est morte quand elle avait cinq ans. Alors, chaque jour vécu l’éloigne un peu plus de la mort. Elle ne peut pas concevoir son existence autrement. Elle sait que c’est une idée sans queue ni tête. Mais, il y a si peu de logique dans les entrailles. Elle mâche et remâche ce sentiment depuis qu'elle est petite.


Ce matin, elle répète : Pourquoi craindre le jour suivant, franchement pourquoi craindre une douleur anecdotique ?  Quand tout s’effiloche ou bien quand tout se déchaîne, quitter un homme ou bien le laisser partir, ce n’est pas beaucoup plus coûteux que de passer l’aspirateur après la fête.

Elle appuie son doigt sur sa tempe, ferme les yeux et s’exclame : 1,2, 3, RESET !

Elle ouvre les yeux, examine son intérieur. Pas de changement notable. La petite angoisse mesquine de la perte est toujours là.

L’opération RESET devra être renouvelée très souvent les prochains jours.

 
Elle voit des chimères dans le papier peint et des aventures dans l’achat d’un paquet de sel. Elle fictionne sa vie, elle bat du blanc d’œufs jusqu’à obtenir de la chantilly. Chaque jour est un film, chaque nuit est un roman. Du moins à ses yeux. Elle imagine autour d’elle les caméras. Et toute l'équipe qui s'affaire. Moteur!

 
Mais, il y a un inconvénient: elle habite dans la vie réelle et le matériel encombre. Les maris aussi.

Pour cette rentrée, elle a pris de nouvelles résolutions. Elle ambitionne de vivre des ellipses de cinéma. Ainsi, les ascenseurs ne s'attendront pas, les portes ne se fermeront plus, les queues aux caisses se volatiliseront, les poubelles ne seront jamais pleines, les frigos jamais vides, les taxis toujours libres, les repas déjà servis, les valises vite prêtes, les trains encore à quai,...

 
Et soudain, elle dévore une nouvelle petite idée. Elle pense être la femme idéale la plus horripilante jamais connue. Elle apprécie le superlatif tout en rassemblant les miettes avec l'éponge.


Elle fait une petite coupe avec la main et les récupère au bord de la table, toutes collées. Elle les observe au creux de sa paume et décrète à haute voix, solennelle, debout, au centre de la cuisine :

Insignifiantes mais chiantes ! 

Et soupire : tout comme moi.

 
Version originale, Jeudi 26 août 2004.

Version blog 1, janvier 2013.

Regreso otoñal.


 
La ciudad se despertó grisácea. Un adulto de sexo femenino tiene el corazón lluvioso. Su marido es un desertor. Se fue sin mirarla a los ojos.
Bajo las bombas, prefirió huir como un cobarde. Todavía corre por el temor a recibir un proyectil sentimental.
Ella desayuna observando las migas en la mesa. Se tranquiliza. Una pasadita de esponja y todo estará limpio. Hay que organizar todo, piensa ella. Hay que inyectar lo razonable en la tormenta.

Fija la imagen del armario y escucha una música pegajosa en bucle.

No importa. El infierno siempre estuvo detrás de ella. Su vida está montada al revés. Está muy viva puesto que ya murió cuando tenía cinco años. Entonces, cada día vivido la aleja un poco más de la muerte. No puede concebir su existencia de otra forma. Sabe que es una idea sin pies ni cabeza. Pero, hay muy poca lógica en las entrañas. Mastica y mastica este sentimiento desde pequeña.

Esta mañana, ella repite: ¿Por qué temer el día que sigue, francamente por qué temer un dolor anecdótico? Cuando todo se deshilacha o cuando todo se desencadena, abandonar a un hombre o dejarlo ir, no es mucho más costoso que pasar la aspiradora después de la fiesta.

Ella presiona el dedo sobre la sien, cierra los ojos y se exclama: 1, 2, 3, RESET!
Abre los ojos, examina su interior. Ningún cambio significativo. La pequeña angustia mezquina de la pérdida sigue ahí.

La operación RESET tendrá que renovarse con frecuencia los próximos días.


Ella ve quimeras en el tapizado de la pared y una aventura en la compra de un paquete de sal. Ella ficciona su vida, clara de huevo que bate hasta obtener crema chantilly. Cada día es una película, cada noche es una novela. Al menos para sus ojos. Imagina a su alrededor las cámaras. Y todo el equipo que se atarea. ¡Acción!

Pero, hay un inconveniente: ella vive en la vida real y lo material estorba. Los maridos también.

Para este año escolar, tomó nuevas resoluciones. Ambiciona vivir elipses de cine. Por lo tanto, los ascensores no se esperarán, las puertas no se cerrarán, las colas en las cajas se volatilizarán, la basura nunca estará llena, las neveras nunca vacías, los taxis siempre libres, las comidas ya servidas, las maletas listas en breve, los trenes todavía en el andén,…


Y de repente, devora una nueva idea.  Piensa ser la mujer ideal más horripilante jamás conocida. Aprecia el superlativo mientras recoge las migas con la esponja.

Hace una pequeña copa con la mano y las recupera al borde de la mesa, todas pegadas. Ella las observa en el fondo de su palma y decreta en voz alta, solemne, de pie, en el centro de la cocina:

¡Insignificantes pero pesadas!

Y suspira: Como yo.

 

Versión original, Jueves 26 de agosto de 2004.

Versión blog 1, enero 2013.

Versión blog 2, septiembre 2015.
 
 
 

 

 

 

viernes, 18 de septiembre de 2015

Unas líneas.




Leer unas líneas y volver a leerlas sin cesar, sin creer sus ojos. Todo está aquí, una persona logró definir lo que usted sentía desde hace tantos años. Es una experiencia muy común. ¿Quién no lo ha vivido?

Sin embargo, sigue extraordinaria para uno mismo. Y leemos kilómetros de signos en búsqueda de esas pocas líneas que quedarán grabadas. Para nosotros.

Y esas para mí:

Hubiera debido ser cauteloso esa noche. No hubiera debido ser negligente con las señales anunciadoras de la desgracia de vivir. No poseo nada más que mi muerte, mi experiencia de la muerte para decir mi vida, sostenerla adelante.

Tengo que fabricar “vida” con toda esa muerte. Y la mejor manera de lograrlo es la escritura. Mas, esta me devuelve a la muerte, me encierra con ella, me asfixia. Ahí es donde estoy: puedo vivir solamente asumiendo esta muerte por la escritura pero la escritura me prohíbe literalmente vivir. Me esfuerzo, me arranco las palabras unas por unas.

Jorge Semprun. La escritura o la vida.

 

NB: Espero no haber traicionado las intenciones de Jorge Semprun con mi traducción coja.

 

 

 

 

miércoles, 16 de septiembre de 2015

Tequila. version 3.


 
Téquila. T’es qui là ?

Fin de nuit. Un bar. Des bouteilles, des verres. Putes et chacals accoudés sur le zinc. Volume de la musique à déchirer les tympans. Conversation volée entre une nana grimpée sur un tabouret et un mec qui l’emmènerait bien direct à l’hôtel.

La fille amorce.

Eh toi, dis-moi, t’aurais pas un truc à m’raconter, j’ m’ennuie. Le gars, surpris, lève un sourcil et se rapproche. Non, t’as rien à dire? Ben attends, moi, je vais t’en raconter des histoires. Hep ! Serveur ! Sers-moi une téquila et pis, t’es qui là ?! Tu viens souvent ici ? 3 mars 1927, c’est ta date de naissance. Tu connais la mienne ? Pardon ? Ouais, allez c’est ça. Fais pas semblant, t’as très bien compris mais tu t’en bats les couilles. Une jolie expression, elle est bien trouvée celle-là. Dommage pour toi, j’suis une chouette fille, tu as perdu quelqu’un de bien à connaître. Et je t’aurais bien raconté ma vie mais j’irai la raconter à d’autres, comme en ce moment, comme tous les samedis soirs, je raconte ma vie à des tartempions comme toi qui ne pensent qu’ à me sauter. Tu veux boire un autre verre ? Ouais …une autre téquila, un autre t’es qui là ! T’écoutes quoi comme style de musique ? Putain , il m’emmerde comme la pluie qui tombe avec ces questions à la con ! Il va bientôt me demander si je préfère la soupe ou les haricots verts ? Tu t’appelles comment ? Et, tu te crois qui, au juste toi ? Mon père ? Allez, laisse-moi rire. Tu es fier de ce que je suis devenue, tu crois être à l’origine de toutes mes petites et grandes réussites ? Ah ben, tu te fous le doigt dans l’œil… Ou p’t-être pas…t’as pt’être raison. M’abandonner, ça m’a donné la niaque. La niaque de shooter dans les poubelles qui se déversent à mes pieds. Ensuite, je brique tout au chiffon pour que ça brille. Tiens r’garde le résultat !

Mais tu parles avec qui là ? Je parle avec ma tequila. Enfin avec mon père. Enfin avec mon verre. Tu sais, c’ui qui dit que chuis pas sa fille. Enfin, moi, je dis : c’est c’ui qui dit qui y est. Et qu’est-ce que t’ajoutes à ça ? T’as mieux à dire. Ah ouais que ma mère est une salope. C’est vrai, j’avais oublié l’épisode. Pardon ? J’ai pas compris. J’ disais que moi aussi. Toi aussi ? Ouais j’en suis une ! Alors fais gaffe à ce que tu dis ou j’ te refais le portrait. J’ai l’œil tranchant et le poing qui dégaine facile. Tu m’entends ? Le gars grimace pour dessiner sur ses lèvres un sourire niais et nous faire croire qu’il n’y a pas plus efficace en rayon, la fille roule des yeux blancs exaspérés. Et moi, tu sais comment je m’appelle ? Eh t’es qui là, tu te prends pour le Sphinx, tu vas me poser une colle, c’est ça. Allez, range tes énigmes, va ! Je sais bien comment tu t’appelles. Tu t’appelles Playmobil, un seul pantin et on fait varier les accessoires. Alors arrête de jouer au bel étalon ténébreux, ou bien je t’envoie une rafale de phalanges et une descente de coudes. Tu ne vois pas qu’on est vraiment tous bègues quand on  fait l’amour. On répète jusqu‘au vertige. Bon, je crois que je vais prendre un taxi et retrouver le plus tendre de mes amants : mon lit. Attends je vais te raccompagner. Mais bordel, tu comprends que t’es rien d’autre qu’un sac de chair et d’os, un trois fois grain de poussière dans l’univers comme moi, comme nous tous. …

T’habites où ?  Non, finalement, j’reste. La fille exécute un tour rapide sur le tabouret de bar, les yeux dans le périscope du sous-marin. 360 degrés. Le petit chaperon rouge ensanglanté cherche un loup à mettre dans son panier, à côté de la galette et du petit pot de beurre. Personne sur la piste, pas grand-chose au comptoir. Pauvre lecteur ! T’as du mal à suivre. Ben accroche-toi parce que le grand huit, c’est pas fini. Tu vas en avoir pour le prix de tes jetons. La tête à l’envers et tout le bastringue. Qu’est-ce que tu crois ? La vie, c’est plus compliquée qu’un roman. Ah ouais, c’est trop te demander et ben retourne à tes Tintins, Picsou magazine et Pif gadget. Ici, on est chez les guerriers avec ego surbroyé…

Tu veux qu’on danse ? J’sais pas, je crois que je vais aller fumer sur la terrasse? Ouais, viens,  j’ai envie? Ah, ouais écoutez-le maintenant comment il se défend. Une pauvre petite bête qui s’ débat. Ah maint’nant, tu dis que t’as envie d’être mon père. T’essaie de m’apprivoiser. Eh faudrait p’t-être savoir mon vieux. Et si moi j’veux pas de toi. Aaaaah t’avais pas pensé à ça. Ben pense, vas-y pense ! Et ouais, avoir une fille auprès de toi pour agrémenter tes vieux jours, ça s’rait pas mal, hein ? Ben ouais ça s’rait pas mal. Viens ! Y a de la bonne musique maintenant. Bon allez, serveur ! Une autre tequila...et une pour le jeune homme-là. Il ne sait plus où il en est. Il a sa liste de répliques « séries télé » dans la poche mais il ne sait plus dans quel ordre les réciter.

On va sur la terrasse alors ? (… Putain, c’est qui cette nana-là ? Je lui dis que je dois me lever tôt demain, que je déjeune avec ma grand-mère ou je reste encore un peu. Je crois que je vais y aller, de toute façon, c’est grillé, je vais pas l’emballer facile, et pis, je suis crevé, j’vais pas assurer… Elle a un beau cul quand même…ouais mais elle est trop déjantée, elle est vraiment  casse-couilles.)

La terrasse, j’m’en fous… T’es qui là, t’es qui toi, t’es qui moi, t’es qui, t’es qui, t’es qui, t’es qui, t’es qui là. TEQUILA. La techno, ça a des effets pervers sur mon stylo, c’est le pur mix. Dans la transe, tout se mélange. Les rôles, les personnes, agresseurs, agressés, voyeurs, qui est qui ? T’es qui pour moi ? Je suis qui pour toi ? Tu me suis ? Quoi ? Comment ? Les décibels et les quiproquos explosent. T’es complètement paumé, hein ? Ben j’vais pas t’aider, parce que moi aussi chui complètement paumée…

Pauv’fille et pauv’gars sont faits pour se rencontrer sous les néons et les stroboscopes des discothèques …Attends, on va demander notre chemin. Hep lecteur ! C’est par où ? C’EST VODKA ! Mais qu’est-ce qui nous dit lui ? Barre-toi connard ! Téquila ! Va !


Version originale, mai 2004.
Version blog 1, octobre 2012.
Version blog 2, mai 2013.
Version 3, février 2015.

 

Tequila.versión español.


 
Tequila. (T’es qui là?)*

*“Tequila” es homófono de “T’es qui là?”, en francés significa “¿quién eres tú?”

 
Final de la noche. Un bar. Botellas, vasos. Putas y chacales, los codos arrimados al zinc de la barra. Volumen de la música para desgarrar los tímpanos. Conversación robada entre una vieja montada sobre una butaca y un man que quisiera llevársela directo a la residencia.

La nena inicia:

¿Ey, dime, tienes algo que contarme? Estoy aburrida. El tipo, sorprendido, levanta una ceja y se acerca. ¿No, tú no tienes nada que decir? Espera, yo te voy a contar historias. ¡Hep! Mesero, dame un tequila, y tú ¿quién eres? ¿Primera vez que vienes aquí? 3 de marzo del 1927, es tu fecha de nacimiento. ¿Tú conoces la mía? ¿Perdón? Ah sí, claro que sí. No finjas, entendiste muy bien pero te vale huevo. Una muy bonita expresión, muy bien elegida esta. Que lastima, porque soy una bacana, te perdiste a alguien por conocer. Y te hubiera contado mi vida pero iré a contarla a otros, como en este momento, como todos los sábados por la noche, cuento mi vida a unos huevones como tú que solamente piensan en follarme. ¿Quieres otro trago? Mmmhh si… ¡Otro tequila, otro quien eres tú! ¿Qué tipo de música escuchas? ¡Hijueputa, este man con sus preguntas de bobo me aburre como la lluvia que cae! Pronto me va a preguntar si prefiero el sancocho o el ajiaco. ¿Cómo te llamas? ¿Pero quien se cree realmente? ¿Mi padre? Déjame reír. Eres orgulloso de lo que soy ahora. ¿Crees que eres al origen de todos mis pequeños y grandes logros? Equivocado….o quizás no. Abandonarme me dio la hijueputa gana. La hijueputa gana de patear la basura acumulada a mis pies. Después, limpio todo con el trapo para que todo brille. ¡Mira el resultado!

¿Pero con quien hablas? Hablo con mi tequila. Pues con mi padre. En fin con mi copa. Tú sabes, es este hombre que dice que no soy su hija. Pero yo digo: es quien que lo dice que es. Tienes algo mejor que decir. Ah sí, que mi mama es una cualquiera. Es verdad, se me había olvidado este episodio. ¿Perdón? No te entendí. Yo decía que yo también. ¿Tú también? ¡Sí, yo también, soy una! Entonces, ten cuidado a lo que dices o te cambio el retrato. ¿Me oíste? El tipo hace una mueca para dibujar sobre sus labios una sonrisa simplona y hacer creer que no hay nada más eficaz en la tienda, la nena levanta unos ojos blancos de exasperación. Y yo, ¿tú sabes cómo me llamo? ¡Ey tú! ¿Quién eres, te crees el Esfinge, me vas a hacer misterios, eso es? Guarda tus enigmas. Yo sé cómo te llamas. Te llamas Playmobil, un solo muñeco y hacemos variar los accesorios. Deja de actuar como un bello semental tenebroso, o sino te mando una ráfaga de falanges y una bajada de codos. No ves que somos tartamudos cuando hacemos el amor. Repetimos hasta el vértigo. Bueno, creo que voy a tomar un taxi y encontrar el más tierno de mis amantes: mi lecho. Espera, te voy a acompañar. Pero, huevón, entiendes que eres nada más que una bolsa de carne y hueso, un tres veces grano de arena en el universo como yo, como nosotros…

¿Dónde vives? No, finalmente, me quedo. La mujer ejecuta una vuelta rápida sobre la butaca, los ojos en el periscopio del submarino. 360 grados. Caperucita sangrienta busca un lobo para poner en su canasto, al lado de los pasteles y del tarrito de mantequilla. Nadie sobre la pista, ni gran cosa a la barra. ¡Pobre lector! Tienes dificultades para comprender. Entonces, agárrate porque no se ha acabado todavía la vuelta en montañas rusas. Te vamos a dar de todo por el precio del tiquete. La cabeza al revés y el resto también. ¿Qué crees? La vida, sí, es más complicada que una novela. ¿Es mucho pedir? Pues, vuelve a tus Tintins, tus revistas de Tío rico y Condorito. Aquí, estamos en el país de los guerreros con ego sobre aplastado…

¿Quieres que bailemos? No sé, creo que voy a fumar en la terraza. Sí, vamos tengo ganas. Ah sí, escúchenlo, ahora sí lucha. Un pobre bichito que se defiende. Ahora sí, tienes ganas de ser mi padre. Intentas domesticarme. Pero habías que decidirte antes, mi viejo. Y si yo no quiero. Ahhahhahaha, no habías pensado en eso. Bueno, piensa, dale, piensa. Mmmmhhh, tener una hija a tu lado para embellecer tu viejez, seria chévere, ¿no? Sí, sería chévere. ¡Vamos! Ahora sí, ponen buena música. ¡Ey mesero! otra tequila, y una para el joven. Ya ni sabe dónde está parado. Tiene su lista de réplicas telenovelas pero ya no sabe en qué orden recitarlas.

Vamos a la terraza, ¿Quieres? (…hijueputa, ¿Quién es esta vieja? Le digo que debo madrugar, que tengo que almorzar con mi abuela mañana, o me quedo un poco más. Creo que me voy, de todas maneras, paila, no me la voy a rumbear fácil, y estoy mamado, ni se me va a parar…Tiene un culo divino…sí, pero está demasiada frita la nena, es una mamera.)  

La terraza, me vale huevo…quien está aquí, quien eres tú, quien eres yo, quien soy yo, quien es quien, quien es quien, quien es quien, quien está aquí. TEQUILA. La tecno tiene efectos perversos sobre mi lapicero, es el puro mix. En la transe, todo se mezcla. Los papeles, las personas, agresores, agredidos, voyeristas, ¿Quién es quién? ¿Quién eres tú para mí? ¿Quién soy yo para ti? ¿Me sigues, me entiendes? ¿Qué? ¿Cómo? Los decibeles y los quid pro quo explotan. ¿Estás totalmente perdido, no? Pues no te voy a ayudar porque yo también estoy completamente desubicada….

Pobre niña y pobre niño están hechos para encontrarse bajo los neones y los estroboscopios de las discotecas…Espera, vamos a preguntar la dirección de nuestro camino. Hep, lector ¿Por dónde es ? ¡ VODKA! ¿Qué? ¿Qué nos está diciendo este man? ¡Vete a la mierda, huevón! ¡Y Tequila!


Versión original, mayo 2004.

Versión blog 1, octubre 2012.

Versión blog 2, mayo 2013.

Versión 3, febrero 2015.

martes, 15 de septiembre de 2015

Prefacio por Hervé Malagola.


 
Prefacio a la colección de textos Impostura.

Por Hervé Malagola.

Traducción Nadia Rios.

 
Bueno, siempre es fácil decir que alguien escribe como se eyacula, pero después de sacarle brillo a la lámpara de aceite durante un tiempo, no siempre son pequeños genios aseados los que salen, sino también villanos descuidados que se emocionan gritando y salpicando a todo el mundo ¿verdad? Sobre todo si los orificios están medio obstruidos, en ese caso el chorro será aún más violento: saldrán de ahí propietarias ancianas con el “culo demasiado pesado”, gays vergones en sujetador, moco escurriendo en “pequeños hilos de primera calidad”, ventiladores burlones, cuellos pegajosos, “canaletas vomitando”, caribeñas, “pequeños pedazos de jabón”, madres y abuelas que tejen, costras secas en las rodillas de una niña de cinco años, vendedores de guayabas, todo un zoco que Fabienne Le Blevec decididamente no se resigna a esconder bajo la alfombra voladora tejida por ella misma. De todos modos, ya sabemos desde Oehlenschläger que los viejos magos son impotentes frente a los arabescos enigmáticos del revoltijo de la vida, incluso con la ayuda de figuras acústicas o de varitas blandas… solo un hijo de la naturaleza, un bandido, posiblemente una mujer fuente nos pueden decir eso “con lo que sueñan los objetos”, mejor dicho puede descifrar en el fárrago de la miseria ordinaria la felicidad de las bolas que saltan en las manos de una madre que a dedicado su vida a sacarle el brillo a muchas lámparas sin necesariamente ver brotar ningún Aladino.


Hija de la naturaleza primero que todo, no cabe duda,  ardilla con pelo brillante, ágil y ahorradora, enamorada de las flores y de las verduras, Fabienne Le Blevec quiere especialmente abolir las disonancias que nos separan de la realidad cósmica. Parafraseando a Queneau: “¿Está usted interesado en la meteorología, señora? – Un poco… tengo un ventilador”. Abanico proustiano, asmático, lector de vez en cuando, revolviendo sin mucha fe un calor que de todas maneras no disminuirá… Porque el calor es la prueba de que estamos aquí, habitantes de este mundo, la prueba de nuestra elección necesaria, “incluso si el agua corre hacia atrás: ella se apodera de nuestra carne, suscita esperanzas absurdas de frescura o de noche, pero en última instancia justifica la complicidad de aquello que, con sus “pequeñas palas”, nos devuelve a lo esencial: el gesto de la escritura. “El ventilador gira las páginas de su cuaderno. Automático. Ella ve pasar su escritura a toda velocidad.” Fabienne Le Blevec es una hoja de árbol.

 
Bandida, aún más quizá, admiradora de un hermano que “aplasta babosas”, perezosa, golosa, insolente, despilfarradora, no merece sin duda, según la “bruja”, su ascensión de ardilla llena de avellanas… Que se llene “la pansa de tostadas con Camembert”, o que pase “un día entero en una hamaca”, que mande a los ricos “a la mierda”, poco importa en realidad, ella fue elegida y lo sabe, su genio se lo dijo cuando ella se echaba de cabeza por el tobogán y desperdiciaba su sangre para conservar la libertad de no poner sus manos… “¿Entonces subirá a hacer la fila en la escalera? ¿No? ¡Pues si!” Pero no se quedará abajo, no, y la riqueza material, como la lámpara maravillosa, valen solo por el deseo de aquel que las posee y que las pone al servicio de su destino. “Estoy haciéndome aretes con cerezas”. Fabienne Le Blevec es una ardilla voladora.


Mujer fuente definitivamente, nos gusta, y no solamente porque a veces llora. También porque llueve mucho en sus textos y se goza. “Todo era tan tenso que una lágrima salió de mi sien”: cuando las fosas nasales están casi tapadas, la fricción repetida produce erupciones violentas, es una ley puramente física. Y “aunque las añoranzas mojan más que los remordimientos” es un precepto que se cumple. Pero Aladino, él, se niega a aparecer o ya desapareció, “todavía hay deseos que permanecen inertes”, y la lucidez ciertamente no impedirá el diluvio. Porque llueve mucho en el mundo leblevequiano y la tasa de humedad es alta (¡“ochenta por ciento” por lo menos!). “Bogotá la lluviosa” es la diosa tutelar de un universo desleído. “Los perros orinan”, “las nubes caen como cuerdas”, “tres gotas y luego, de un solo golpe, baldes. La calle se convierte en una corriente de agua caliente”, pero el líquido no viene a purificar la atmosfera, no, se difunde en vano sobre seres que saben que no habrá ningún alivio por ese lado. “La tormenta pasa. La temperatura no ha bajado un grado.” La esperanza no viene de arriba, seamos serios por un momento, eso se sabría, por supuesto que está debajo de las sábanas: “Me da frío en las enredaderas, aún cuando las fuentes están calientes”. La esperanza es horizontal y erótica. “Nos deslizamos en una hamaca”, “nos arrastramos hasta la cama”: no busque más lejos el sentido de su identidad, francés de pura cepa, está encima de su colchón, en el encuentro con el extranjero con quien “no hay nada más que hacer” fuera de follar. Se mete lo que se puede. Fabienne Le Blevec está “desconectada de cualquier pertenencia”, pero encuentra, en el erotismo húmedo y en las rodillas que “chorrean” de una ciudad caribeña, el genio de su infancia destejida.

 
Y luego hay el derrame de testosterona, el amor por los “hombres, hombres y más hombres”, el deseo desmesurado de “cinco batallones de vergas y culos pequeños”, que a fuerza de sacarles brillo terminaron por hacer brotar de su lámpara de neón, abanicos, boas, sujetadores y locas ahí donde se veían solamente “padres de familia”, divas ahí donde solamente se veían Bruce Willis. “¿Desde cuando vive esa mujer atrapada en un cuerpo de hombre?” ¿Desde cuando esta escritora espera que hagamos salir de su fuente mágica el genio erótico que le hará crear otros seres de la noche, otras ardillas, otros ventiladores, tostadas y toboganes? Fabienne Le Blevec es una fuente.


Nota bene: Los cinco textos de la colección Impostura se encuentran en el blog.

 Las ardillas, Compenetrados, Calor, Impostura, marzo 2013.
Un antro llamado el Polo, septiembre 2012.

 

 

lunes, 7 de septiembre de 2015

El cuaderno vietnamita.9.


 
Sapa. Montañas del norte. 11 de julio. Green Valley Hotel. 8 am.

No sé si mi vida es un sueño o si sueño mi vida. No sé si alguien escribo todo eso en el Gran Pergamino o si yo lo decido cada día. No sé si tengo una buena estrella o si mi mama me escogió tres buenas madrinas cuando nací, cuando vivíamos las dos bajo las bombas.

No sé si ellas se agacharon sobre mi cuna para regalarme una voluntad de acero, un temperamento de guerrero, un carácter de ninja, la fuerza de un tigre, la resistencia de un elefante pero creo que soy agradecida de caminar por este sendero.

“No sé” y “creo” son las palabras que me habitan.
Y, en ese mapa que voy años recorriendo, ojos y oídos grandes abiertos, él apareció.
A veces, pienso que es una broma que me está haciendo el Diablo, o un pez de abril adelantado.
Llegó de un día para otro y me saludó como si me conociera. Estaba un poco incomoda.
En la rotonda, se despidió con un beso que me dejo vacilar hasta en la ducha el día siguiente. Sembró el trastorno. Parecía que leyeras en mí a libro abierto. Con refinamiento, resaltaba mis líneas.
Desayuno, un relámpago me atraviesa de par en par, una intuición crece…y si él fuera…calculo la reducción teosófica de su nombre y apellido, mi piel se eriza: 15. Mi hipótesis  se verifica. Para conocerme, no robó el archivo “Le Blevec “en el consultorio del psicoanalista, no corrompió a mis amigos para acceder a mis confidencias. Él lo sabe todo sin necesidad de buscar. Es el Diablo, Lucifer, porteur de lumière, archange déchu.
¿Por qué me eligió?  
Musique.
Qu’attendez-vous de moi? C’est la première fois que je viens au rendez-vous…
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Valle de Tavan.
Percibí corrientes subterráneas contrarias a dentro de nosotros. Nos lanzamos, retrocedamos, pero uno como el otro supimos inmediatamente que era ineluctable. Magnético.
¡Qué los dedos del Loco y del Diablo se entrelacen para dirigirse hacia la luz! Reservemos la caída mortal y tenebrosa a nuestra enemiga la monotonía - Oración de una mujer blanca sentada en la orilla de un rio verdoso en el norte de Vietnam, una tarde calorosa y húmeda, a su lado las niñas enjabonan la ropa sobre las piedras blancas, donde las libélulas rojas aterrizan de vez en cuando.
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Terraza de la casa de los Hmong.
Mirando a lo lejos. 4.00 pm.
Habitualmente, usaba la palabra “amor, mi amor” con mis amigos, con mis amantes, con cariño, con ironía, sin pensarlo mucho, sin preocuparme.
Se lo dije una vez solamente. De su boca salió una expresión más bella. Mil veces. “Mi vida”. Ya la conocía. Es común. Cuando la dijo, percute....
En francés,” mi amor” suena “mis à mort” “….una condena a muerte. Una palabra de cariño que se convierte en una sentencia de emperador romano cuando, al final del combate, en el coliseo, decide sacrificar al esclavo.
No usaré más esa palabra contigo, mi vida.
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Murmuré un deseo mientras lanzaba en el agua del arrozal un corazón de hojas frescas que me regaló una mujer Hmong.
El corazón hélice empujado por el viento voló lejos, muy lejos… como si tuviera energía propia.   Insecto vegetal.
¿Cuándo voy a dejar de ser una niña quien reza elfos, korrigans, vírgenes, diablos y arboles?
Quisiera darme puños, revolcarme en el piso, halarme el pelo para que saliera de mi cuerpo esa fantasmagoría.
Intento sentarme con otros turistas. No aguanto ni diez minutos la conversación respecto a los itinerarios, horarios de buses y mejores repelentes.
Regreso a la mesa de los duendes y brujas.
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En la cocina, con las mujeres Hmong. 6.30 pm.
Fritan los nems, rodillas dobladas, frente al wok.  La fogata da un color anaranjado a la sala. Por la puerta abierta, veo pasar a baja altura las golondrinas, pequeños aviones supersónicos, atrapan mosquitos y otros bichos.
Estoy sentada en una butaca diminuta, apoyo mis codos sobre una mesa diminuta. Las mujeres me llegan al hombro. De muy pequeña, pasé a ser muy grande, como Alicia en el país de las maravillas, el libro fetiche que me entregaste para mi viaje, justo antes de separarnos…parecías nervioso.
Escucho el aceite repiquetear, los bebes gritar.
Quisiera apoyar mi mejilla hirviendo por el cansancio de la caminata contra tu pectoral, donde tu piel, me imagino- la mujer se levantó y está mirando lo que estoy escribiendo, me sonríe, se encarga de nuevo del fogón, la otra hace soltar el bebé sobre sus rodillas, le canta y se ríe- es más suave que las alas plegadas de una tórtola que encuentro en el suelo y que se refugia entre mis manos. Siento su calor. Cuarenta y dos grados. Su pulso. Se calma. Nos calmamos. Sin palabras. Las radiaciones animales de nuestros cuerpos se sincronizan. Paz y descanso.
La mujer clava sus ojos negros achinados en los míos gris azules atlánticos. Me presenta los nems servidos en una bandeja. Asienta con la cabeza.
Nutrir. Obedezco a su señal maternal.
Abandono el lapicero. Trago.