miércoles, 27 de febrero de 2013

Entre chien et loup.


 
Entre chien et loup, entre Gaston et Gérard, je vadrouille entre les êtres, je marche, marche, marche...

Que faire d'autre ? Les solitudes ne se rencontrent pas.

J'avale quatre romans en deux jours. Les mots sont autant de bouées qui m'aident à rester à la surface, même si parfois ces mots se vident de leur contenu. Et je répète dans ma tête le mot mur jusqu'à ce qu’il ne signifie plus rien, seulement trois petits sons que j'articule dans ma bouche.

Je circule entre les êtres, je me frotte à eux mais je ne perçois plus leur empreinte sur mon corps, ni leur trace sur mon âme.

Je me suis institutionnalisée. Je me fige. Je deviens un moi sclérosé rempli de certitudes et de doutes, d'habitudes et de rituels.

Je regarde la collègue puis je regarde la photocopieuse et je me sens plus d'affinités, plus d'accointances avec la photocopieuse.....elle répète, je répète....quand elle fait un bourrage de papier, elle a une petite alarme qui sonne avec un voyant orange qui clignote.

Ma petite lumière s'agite depuis longtemps, mais pas de technicien en vue.

Je m'isole, je ne suis plus perméable comme auparavant.

Les déceptions se sont accumulées comme autant de furoncles sur le visage d'un acnéique. Chaque jour une nouvelle rougeur apparaît, petites meurtrissures.

Alors je ne passe plus devant le miroir. Je me lave les dents le regard fixé sur les piles de linge dans l'armoire.

J'épouse l'oreiller, entortille les doigts dans la queue du chat, explore les draps froids avec le bout du pied…

Il y a encore un bout de chemin à parcourir...tout peut survenir.... tout peut arriver, ce n'est pas fini....pas fini, loin d’être fini, c'est juste une pause, pause à laquelle je ne suis pas habituée. Je suis une personne de caractère type A ...alors il faut que ça fuse mais la vie dit non.....comme si elle voulait me donner une leçon.


Alors j’apprends ma leçon par cœur chaque soir. J’égrène les lieux communs comme les perles d’un chapelet.


Et puis je dévore les livres. Je me saoule de mots. J’écoute leur voix qui remplit tous les recoins de ma tête.

Je cherche la réponse dans chaque roman. Et j’en découvre une autre.

Je me sens rassurée quand j’entre dans la bibliothèque.  Je regarde les étagères bourrées à craquer et je soupire… des rencontres sont encore possibles.

 
Chaque couverture contient un monde qui contient mon salut.

 
Mais c’est un dialogue de sourds qui se profile. Je les entends, ils ne m’entendent pas. Alors je termine un roman pour en ouvrir un autre, pour qu’il reçoive à son tour ma parole. Mais il n’a pas mis son sonotone. Alors pour répondre, je gribouille une page sur ma messagerie en regardant la photocopieuse. La collègue assise à côté ne bronche pas.

Je ne lisais rien lorsque j’étais enfant. Pas une ligne. Si...le dictionnaire qui me servait aussi de rehausseur pour m’installer à table.

Et puis un jour, un roman m’est arrivé entre les mains L’écume des jours. Avec un crayon à papier, j’ai commencé à souligner les phrases que j’aimais.  Quand j’ai eu refermé le livre, toutes les lignes étaient marquées. J’avais 13 ans. Le grand début de ma boulimie.  Aucune idée des proportions que cela allait prendre.

Je pianote à côté de la photocopieuse et la collègue ne scille pas devant son écran. A peine un bonjour, à peine un au revoir. Alors je retourne à mon Kafka voir si lui me parle de sa taciturnerie.

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